Afin de revitaliser et de fédérer la conscience nationale, Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848, a souhaité mener une politique volontaire pour mettre en valeur l’histoire du pays et les grandes figures qui ont pu l’incarner. C’est dans cette perspective qu’il créé au sein du château de Versailles en 1837 un musée de l’Histoire de France, capable d’illustrer et d’exalter la mémoire nationale.
Une autre de ses initiatives, moins connue, est la commande en 1843 d’une série de vingt statues ayant pour thème les femmes célèbres, destinées à orner les jardins du palais du Luxembourg, à Paris, aux abords d’une construction justement érigée par une femme renommée.
Vingt sculpteurs ont été sélectionnés et ont livré quelques années plus tard des œuvres qui nous intéressent à plus d’un titre. D’abord le choix des personnalités statufiées en dit long sur l’exemplarité féminine telle qu’on la conçoit alors. Sur les vingt figures, dix sont des reines et deux des régentes de France. La plupart ont vécu au Moyen Âge ou à la Renaissance, tandis que trois évoquent le XVIIe siècle. La nature des sculpteurs est également significative : appartenant à ce que l’on pourrait définir comme « l’École académique », leurs travaux se révèlent parfois inattendus.
Les Femmes célèbres du Jardin du Luxembourg sont un précieux témoignage de la conscience d’une époque et de sa production artistique.
